DANS TOUS LES SENS

Vous êtes comme moi, ancrés dans votre train-train presque rassurant et vous n’aimez pas les imprévus ? Et bien, sachez que ce rythme bien huilé peut voler en éclat d’une seconde à l’autre, et ça surprend. Je l’ai testé très récemment.

JEUDI après-midi dernier, alors qu’absorbée devant la cotation de mes actes au travail, une petite force maléfique a coupé brutalement le son de mon oreille droite. En 1 seconde, plus rien. Les 1ères minutes, j’espérais que ça passe spontanément. Mais rien. Et au fil des minutes, l’agacement a laissé place au stress et à l’angoisse. Non seulement je n’entendais plus rien, mais comprenais mal ce que me disaient mes collègues, perdais mes repères sensoriels avec en plus une hyperpression dans l’oreille à la limite du tolérable. Je me serais tapé la tête contre les murs mais une pensée lucide de dernière minute m’en a empêchée. Ce serait ballot de se faire un trauma crânien en prime.

Mes collègues ont appelé le service d’orl, puis le chef de service qui après avoir zieuté mon intimité auditive, m’accompagne en consultation ORL où tout chef de service qu’il est, arrivait sans pourtant vouloir s’imposer mais s’est fait jeter par une charmante secrétaire, mi-femme mi-dragon ! Dommage, tout le personnel autre a été adorable, mais l’espèce de chien de garde à l’entrée à de quoi vous faire regretter de ne pas avoir perdu la vue en plus !

Bref, une interne accepte de me recevoir et un audiogramme dans la foulée confirme une réelle perte d’audition. L’interne me revoit et annonce la couleur : hospi en urgence pour démarrer un traitement. « Euh … ce n’est pas ce que j’ai prévu » ai-je cru bon de lui dire le plus bêtement du monde ! Evidement que personne ne prévoit ça !
Quant à savoir ce qu’on traite… sachant que j’ai déjà connu un tel épisode il y a quelques années et étiqueté alors herpès sur le nerf auditif, c’est peut-être une récidive. En tous cas, c’est très probablement viral.

Avant l’hospi, je retourne chez moi faire le plein de bouquins, de petites culottes et autres broutilles pour 5j. Préviens parents et fiston number 2. Passe annuler mes consultations du lendemain et accompagné de mon chauffeur de fils number one, je rejoins le CHU. Sur le bureau des admissions trône un panneau indiquant qu’ici, un système pour les sourds et malentendants était dispo. Voilà qui me met de bonne humeur, on va pouvoir s’entendre la petite dame et moi ! Je regagne ensuite le service d’ORL que je ne connais pas.

Et je découvre ma suite royale, une chambre à 3 lits (et oui, ça se fait encore ce genre de trucs), toute refaite et toute propre, et surtout toute vide puisque je suis la seule. Et ça tombe bien car imaginez d’un coup le tableau : 3 sourdes comme un pot comme moi qui essaient de communiquer… Bonjour le bordel !
L’infirmière me saute dessus pour faire le 1er aérosol. Dark Vador est arrivé au CHU !
Puis pose du cathéter, perf de corticoïdes, paperasseries et enfin le tant attendu célèbre plateau repas.

La photo parle d’elle-même. Mais faisons un rapide tour tout de même.20170710_184041_resized.jpg
D’abord un petit bouillon de légumes, dont la recette fait rage depuis plusieurs décennies. Surtout, il fait 35° dehors…

En plat de résistance, et résistance est le mot, du poisson qui a défaut d’avoir rencontré l’air frais depuis un moment, a rencontré l’air chaud à plusieurs reprises. La seule précaution dans ce cas là est de ne pas se le faire tomber sur le pied, fracture assurée. Accompagné de coquillettes sans beurre et sans sel. Un régal. Va falloir boire derrière tout ça.
Un morceau de fromage rabougri essaie de s’affirmer au milieu de ce cataclysme gustatif. Je n’aime pas le fromage alors il va continuer de se rabougrir jusqu’à la prochaine victime !
Seul l’entremet me fait envie car frais. Sauf que ce n’est pas de l’entremet mais un petit riz au lait chimico-degueulasso-vomito ! A moins que ce soit en effet un vieil entremet dans lequel baignaient quelques asticots fraichement éclos… Et puis c’est drôlement bien équilibré coquillettes et riz au lait au même repas, du soir en plus.
Sans vouloir me vanter, des trucs dégueus, j’en fais, souvent et j’en bouffe. Mais là, je crois avoir trouvé mes maîtres.
Merci pour ce menu gastro (entérique et pas nomique).

La soirée a été rythmée par les 3 aérosols de carbogène, le passage des infirmières, et les heures avec mon portable, pas pour téléphoner évidement, mais avec les sms (géniale invention !).
Fin de soirée, dopée aux corticoïdes, plus envie de jouer au ping-pong que de dormir. Mais surtout j’ai l’impression d’être enfermée dans un pseudo-silence angoissant qui n’a fait que s’accentuer dans la soirée mais dans lequel j’essaie de ne pas me laisser embarquer. Pas facile. Positivons : j’entends moins de conneries comme ça !
Heureusement, tout le personnel est vraiment sympa et apaisant.

Vendredi
Longue nuit… mais pas de sommeil. 2h de repos maxi et encore, en miettes. L’avantage c’est que le service est quasi vide et très calme, pas de bruit… à moins que je ne les ai pas entendus ! En tout cas, ça m’a permis de ne pas me rappeler sans arrêt que j’entendais très mal et j’ai pu déstresser un peu.
Le service s’activant m’a remise dans la réalité de ce brouillard auditif.
Essayant de me convaincre d’une éventuelle amélioration, je tapote avec le doigt et de manière obsessionnelle sur tout ce qu’il y a autour de moi, le bord du lit, la table, le drap, la sonnette, etc… Et je compare mais y’a pas à dire, c’est merdique, et pas mieux.

La matinée s’est passée entre le bilan sanguin, la douche, un petit ECG, les aérosols, les nombreux SMS, etc..
Une vraie révision des 100000 ! Ca me rappelle que je dois faire celle de ma voiture tiens !
Et bien sûr, mon p’tit dej’-buffet abondant de 4 biscottes, un morceau de beurre au sel de Guérande et une petite confiture maison, avec un succulent thé des Frères Mariage.

J’ai vu un médecin, enfin un interne, beau gosse et sympa, drôle même sauf quand il m’a dit qu’il m’arrêtait 1 mois ensuite. Ah ça monsieur, ça ne va pas être possible !!! Mercredi, je rattaque.
Alors comme je me suis faite incendiée par nombre de mes amis car soi-disant inconscience, orchidoblaste, folle, etc… et pour ne pas avoir l’air borné plus que je ne le suis déjà, j’ai consenti à réfléchir un peu. Alors j’ai révisé mes maths et je coupe la poire en 2 : 3j d’arrêt ! C’est bien non ?! Equitable en tout cas !

La pause déjeuner est meilleure. Enfin moins pire.
Cet am, visite de mes collègues et mon chef.
Arrive la contre-visite avec l’interne de ce matin, la chef de service et 2 autres grouillauds. Paroles de la chef de service « bonjour » puis « au revoir »… Merci madame pour toutes ces précisions. L’interne m’a juste dit que j’étais là pour quelques jours. Bon ben là on touche le scoop suprême ! Je le sais depuis hier soir avant même le début d’hospi que j’étais clouée là jusqu’à mardi midi pour le traitement qui ne peut se faire à domicile.

Cet am, ayant un rv important, j’ai négocié une sortie de 2h entre 2 aérosols. La chaleur épouvantable et les bruits violents de la ville, sans compter un certain nombre de cons, m’ont achevée. C’est pas que je sois contente de retourner m’enfermer dans cet hosto mais ça me semble presque rassurant d’un coup.

Ce soir, je suis fatiguée mais l’audition est en grande partie revenue au fil des aérosols et des heures bien que persistent des sensations bizarres et un peu désagréables.
Et ce soir, nouvelle perf de Solumédrol, ce merveilleux anti-sommeil.

Le personnel est au top et vraiment sympa. Même si ce soir, il pète les plombs le personnel car il y a un viok de la série des casse-bonbons qu’on retrouve toujours dans un service, qui ne cesse de sonner les infirmières. Et si elles n’arrivent pas dans les 2 secondes qui suivent, il hurle « infirmière ! infirmière ! ». Décidément, j’entends de mieux en mieux.
Dans la soirée, une revient vers sa chambre après le énième appel, et lui explique gentiment mais fermement, qu’il devait arrêter car elles ne pouvaient pas être tout le temps là et font des soins dans d’autres chambres. Ce qu’il n’a pas l’air de piger. Alors elle sort en brayant « mais ce n’est pas possible d’avoir un chieur pareil ! ».
Et plus tard, le personnel de nuit dans le couloir « tout le monde ne va pas passer une bonne nuit si c’est comme ça ! ».
L’espace d’une minute, pas plus, je regrette presque d’entendre mieux ! Parce que j’ai envie de l’étouffer avec son oreiller le vieux !
La chaleur est ce soir insoutenable. Malgré la fatigue, l’endormissement se fait attendre.

SAMEDI
Peu dormi cette nuit mais j’ai doublé la mise par rapport à la précédente avec 4h de sommeil. A ce rythme, dans une semaine, j’hiberne.
Mais entre les corticoïdes, le vieux chieur et deux mecs qui s’incendiaient devant les urgences sur lesquelles j’ai une vue direct, j’ai eu un peu de mal à sombrer dans les bras de Morphée.
Dans l’urgence, je n’ai pas choisi le bon forfait animations !

Dans la matinée, ras. Le bel interne vient me dire qu’il n’y a pas de résultat pour le moment et qu’il passe me dire bonjour parce que je suis là sinon ras. Bien aimable.
Une ide prévient une autre dans le couloir « Monsieur Machin (le chieur) retourne voir ses copains et copines à la maison de retraite à 14h30 ». Exclamation haut et fort de la collègue : « Alléluia ! ». Cri du cœur. Je confirme, après son départ, le service a retrouvé son calme.

Je n’ai pas pris la télé. Bon moyen de se sevrer déjà et puis dans une chambre à 3 lits, si quelqu’un arrive, c’est toujours la galère. J’ai déjà testé. Alors autant s’occuper autrement. Mais le fait d’être toujours seule dans cette chambre me ravit et j’espère que ça va durer. C’est la sauvage qui parle. En plus, je viens seulement de tilter que je peux avoir la télé sur ma tablette avec mes codes Wifi du boulot. Ben oui, je suis trop conne, je bosse ici et avais déjà oublié !!! Cadeau d’entreprise !!!

Am : repos total. Je suis crevée et je pense que je relâche la pression de ce gros coup de stress de jeudi. Je dors. Je bouquine. Mon grand vient me voir et nous avons droit à une petite surprise depuis ma chambre : le spectacle de la Patrouille de France dont je suis fan et qui est en meeting aérien à Limoges. C’est toujours aussi magnifique. Finalement on est vachement bien ici !

Ce soir, une de mes collègues est venue me voir avec son petit bonhomme. Nous avons passé un moment dans le hall d’accueil, plus désert que le reste de la semaine ou de la journée lorsque celui-ci ressemble à une fourmilière stressante.
La fin de journée fût animée par de beaux orages. Même pas peur ! (contrairement à quand je suis seule chez moi !).
Ce soir, c’est calme. Et dans ma tête aussi car j’entends presque normalement maintenant. Je revis vraiment et je peux parler à mes enfants au téléphone.

DIMANCHE
J’ai mieux dormi, aussi parce qu’il fait plus frais.
Ce matin, bien que je ne le sentais pas bien au vu de l’aspect de mon cathé, l’infirmière a installé la nouvelle perf. Ca a duré 5mn à peine car quand j’ai vu un second biceps pousser sur mon bras droit, et senti une brûlure à chaque goutte, j’ai appelé, la seule fois du séjour d’ailleurs. Les ide sont alors venues à 3 pour essayer de me repiquer après que le KT ai laché et pour en refixer un autre. Elles ont séché un moment avant de se lancer car voyaient une veine mais ne la sentait pas, sentait mais ne voyait pas, etc… Je les ai averties qu’elles avaient droit à un essai chacune.
La 1ere se lance et la veine claque. La seconde essaie à son tour et la veine claque aussi. Alors leurs conclusions ont été : « vous n’avez pas de veine » (Tiens donc ?!). et « stop on arrête le massacre et on va négocier le per os ». Bonne idée.
De ce petit épisode, les jours suivants vont me transformer les bras en violet et jaune. C’est le feu d’artifice du 14 juillet avant l’heure ! Y’a de la couleur !

Lot de consolation : deux croissants au p’tit dej ‘… Hé, c’est dimanche quand même !

A la visite du matin, je réclame juste un petit truc car « j’entasse depuis 3j mais il ne se passe rien ! ». La constipation hospitalière n’est pas une légende. Pourtant, je m’y fais un peu ch..er ici.
Me disent d’aller me balader un peu pour le transit. C’est vrai que le parc arboré est très attrayant.

Je descends donc au rez-de-chaussée prendre l’air pollué par les fumeurs qui outillés de leurs perfs et leurs cannes pompent plein pot sur leurs clopes en polluant l’entrée de l’hosto ! C’est degueu. Je hais ça déjà quand je viens bosser alors là en tant que patiente ça me répugne encore plus.
En plus, pour finir le tableau glamour, les corticoïdes me filent un bon teint rougeaud paysan ! La totale ! On n’est pas dans une galerie d’art mais quand même, je tiens à garder le peu de dignité qu’il me reste.

Ce midi, ma collègue de pédia est venue manger avec moi. Petit moment sympa.
Puis « promenade digestive » dans le hall en allant faire le plein de magazines et un café au relais H. Sympa la balade… c’est la seule distraction alors…
Au retour, l’aide-soignante me saute dessus avec le tensio.. Cool je viens de marcher d’un bon pas (enthousiaste ?) pour remonter, pas le temps de m’assoir et ma tension est un peu haute.. Quelle surprise !!! Sont cons ou quoi !

Cet am, visite de ma cops. On a passé un super moment et on a bien déconné. Ce que ça fait du bien ! Car c’est pas que je m’ennuie ici mais j’ai une horrible impression de tourisme mal placé.
En fait, ça me fait tout bizarre d’être hospi et de pouvoir aller aux toilettes seule ! D’hab, je suis toujours clouée sur un lit et n’ai aucune autonomie. Ceci dit, on n’est pas loin du tourisme car je ne reste ici que pour les aérosols. Mais je reconnais que je me repose car je n’ai rien d’autre à glandouiller.

Mon fiston est arrivé. Plein de bonnes intentions, il avait demandé en douce si je pouvais aller au ciné. Verdict : non. Pas de stress auditif pour le moment.

18h30 pétantes, le dîner arrive : cordon bleu-purée.20170709_192354_resized.jpg

L’impression visuelle était degueue, mais il n’y avait pas que la vue qui l’était.
Pour se motiver, il suffit d’embrayer sur la méthode Coué et jouer les critiques gastronomiques.
En entrée, vinaigrette et son méli-mélo de haricots. Glissent tout seul en espérant avoir le même résultat à la sortie qu’à l’entrée.
Cordon bleu et son écrasé de pommes de terre. Tout droit sorti de chez Leroy Merlin rayon enduit et gros œuvres. La photo parle d’elle-même. J’espère que ça ne va contrebalancer les effets de l’entrée ! Enfin, empêchera toute fringale nocturne.
P’tits suissois, fidèles à eux-mêmes. Rien à redire.
Pêche ni blanche ni jaune mais beigeasse-marronnasse à l’intérieur. Encore une châtaigne qui a voulu se déguiser !
Le tout arrosé d’un petit château la pompe 2017.

Soirée SMS qui affluent, pour mon plus grand bonheur. Sauf que tous essaient de me convaincre de m’arrêter plus longtemps.
Je discute un moment avec les IDE de nuit, bien sympas aussi. Elles me disent que demain une dame arrive dans la chambre. Finie la tranquillité pour l’asociale que je suis.

Mais je n’ai toujours pas envie de dormir. Car l’autre effet du solupred est les brûlures gastriques. Le petit plus du soir. Ca bouche, ça brûle, ça rend rouge, j’espère au moins que ça va être efficace !

LUNDI

J’ai mieux dormi car la fraîcheur de la nuit a enfin sévit.

Ce matin, prise de sang pour la glycémie. Pour ça comme pour le reste, si je n’avais pas demandé le pourquoi du comment, personne n’explique la finalité des actes.
D’ailleurs, heureusement que je le sais car pas une infirmière, pas un médecin ne m’a dit de limiter le sel et le sucre avec la prise de corticoïdes, pas de menu adapté non plus. Tout pendant que je ne ressemble pas à Pacman tellement je suis gonflée et que je n’explose pas de quelque part, tout va bien !

Bref, sachant que j’ai un audiogramme ce matin, je file vers la douche. Suis au taquet, prête à aller bosser. Ah non ! raté.

A 8h30, audiogramme. Je suis plus à l’aise que l’autre jour et la courbe le confirme. Mais je rame quand même sur les sons fins à droite. De toute façon, la finesse, ça n’a jamais été mon fort alors de l’oreille ou du reste…
Ceci dit, interprétation de l’interne : récupération complète. Pas d’accord. Dans le bruit quotidien, et pour une conversation, ça va. Par contre, les bruits très légers ou fins, j’ai des difficultés. Mais si ça leur convient… c’est eux les docs non ?!

Dans la matinée, visite de l’interne, celle qui m’a reçue jeudi. Je lui parle de l’arrêt d’un mois de son collègue. Elle n’en voit pas l’utilité « en plus vous étiez motivée pour reprendre mercredi ». Bon là j’avoue que j’ai réclamé 2j d’arrêt car suis épuisée. Vendredi c’est férié avec le 14 juillet donc ça ira. Elle est ok. Me connaissaient pas ici. Si je dis que je ne m’arrête pas un mois, je ne m’arrête pas un mois. C’est comme ça.
Elle confirme la sortie demain et une consultation de contrôle dans un mois avec audiogramme. Puis un IRM cérébral (alors là, s’ils trouvent une trace de cerveau, même paléolithique, je serais super contente).

Une aide-soignante du pool est là ce matin. Gentille mais soulante, soulante, soulante. Pitié, retirez-moi le son ! Elle était en mode monologue-mitraillette.
J’ai fini par faire une consultation pipi pour sa fille qui a des fuites et est constipée. Le monde à l’envers. Je lui file même les coordonnées des chirs pour une consultation ! De toute manière, elle me pose des questions mais ne me laisse pas répondre ou n’écoute pas la réponse…
Puis elle me parle de sa mère sourde, son beau-père, son père et sa belle-mère atteinte d’un cancer, son ami, le fils qu’a l’air d’un couillon de son ami. Ado de surcroit. Quand elle m’a parlé des baskets puantes trainant sur le bord de la fenêtre et la bouffe trainant dans sa chambre, j’ai définitivement décroché. Rien à fout’. Je fais SOS amitiés tout le reste de l’année, avec mes patients, mes collègues, et mes amis, alors lâchez-moi la grappe ! Je voudrais juste répondre aux sms qui s’accumulent sur mon téléphone. Alors je réponds aux messages et de temps en temps, je lève la tête vers elle en disant « hhmmm, c’est pas toujours facile ». De toute manière, elle s’en cogne complet.
Je prie secrètement pour qu’une collègue vienne la chercher et la retire de mon champ de vision et d’audition. Sinon je vais l’empaler sur son balai !

Dans la matinée, une nouvelle coloc’ arrive. Une mamie, normale. Tous les services du CHU sont de la gériatrie dans notre région ! Finie ma tranquillité. Je reconnais je suis seule dans la chambre trois lits depuis jeudi soir, j’ai du bol et je m’en sors bien.
Elle se prépare pour le bloc. Mais surtout c’est une autre cible pour l’aide-soignante-mitraillette ! J’ai quand même un brin de compassion pour cette vieille dame. Mais n’oublions pas quand même, s’ils pouvaient la shooter comme il faut, je serais tranquille 24h ! Oh pas bien ça Georgette !

Ce midi, une de mes collègues, vient me voir pendant que je déguste mon merveilleux repas.
Pendant sa présence, mon portable sonne et je vois le nom de mon ex qui apparait. Et merde, manquait plus que lui. Pas de stress z’ont dit. Evidemment je ne réponds pas. S’il a un truc à me raconter, il laissera un message. Mais il ne laisse pas de message. Alors ça m’agace.

En début d’am, je signale aux ide que depuis ce matin, j’ai une réelle baisse visuelle à gauche et ça me gêne vraiment. Elles ont pris note et dit qu’elles vont appeler les ophtalmos.

En attendant, pour limiter le stress ( !), j’accompagne mon fiston en neuro car il passe un électro-encéphalogramme (la recherche de neurones est familiale !).
Dans la salle d’attente, comme tous les jours, je consulte les avis de décès du journal, et là, choc malgré tout. Car je comprends pourquoi mon ex a essayé de me joindre : sa femme est décédée. 47 ans, AVC (à priori, elle en avait un de cerveau elle. Sauf que pour le coup, j’ai toujours eu un sacré doute !). Ca craint quand même. Je savais qu’elle avait fait un AVC car des amis pensant que c’était moi, m’avaient contactée il y a presque un mois.
Pour être honnête, elle, ni chaud ni froid car elle a parfaitement contribué à tous les emmerdes que les enfants et moi avons connus ces dernières années, et surtout a séparé les enfants et leur père alors…. Je ne sais pas à quoi elle ressemble, et ne saurais pas maintenant. En tout cas, pas envie de savoir !
Et la seule conversation que j’ai eu avec elle, ça a été « merde ! » en lui raccrochant au nez quand eux deux ont essayé de me pourrir un samedi soir au téléphone. Remarquez, ça a résumé !!! Voilà, ça c’est fait.
Mon fils, plus froid qu’elle maintenant, et plus pragmatique que jamais, n’a eu comme réaction qu’un couperet verbal « et ça va changer quelque chose pour la pension alimentaire ?! ». Oups.
En tous cas, s’il m’appelait pour chercher un peu de réconfort, je crois qu’il s’est largement trompé d’adresse !!!! Il a la mémoire courte !
Après l’EEG, je reviens en ORL où je croise une dame que je n’ai pas vue depuis quelques années puisque c’était une ATSEM de l’école de mes enfants, à la retraite depuis longtemps maintenant. Elle promenait son mari bien mal en point. En me voyant, elle a eu une espèce d’hallucination. Quoi ? je ressemble complètement à Banzaï ?!
J’ai compris pourquoi. En fait, elle m’explique avoir vu mon mari en réa, alors que le sien y était aussi. Alors je rectifie la base du quiproquo : ex-mari. Ils ont échangé quelques mots et il lui a appris que sa femme était là-bas. N’étant pas informée du divorce et du remariage de Toto, elle pensait que c’était moi donc. Et donc moi qui ai rejoint Saint-Pierre, d’où cette espèce d’hallucination de morte vivante devant elle.
Elle précise « je l’ai même dit à ma maman ». Ah ben vous pouvez la rassurer, je vais très bien merci. Et sincèrement, j’aime mieux que ça ne soit pas ma pomme.

Ensuite, 2 amies me rendent visite. Comme ma coloc’ est remontée du bloc et se repose, nous allons dans la salle d’attente et je préviens donc une IDE, au cas où un ophtalmo passerait. Ok me dit-elle. Plus tard, assaillie par un nouveau doute, je vais en prévenir une seconde pour bien dire où je suis.
2h plus tard, après la visite d’une autre collègue, nous repartons dans ma chambre parce qu’il est l’heure de ma Chicha. Punaise qu’elle fait du bien celle-là.
Et là, un infirmier, tout jeunot et un peu léger, me dit « j’étais chargé de vous descendre en ophtalmo, mais comme vous étiez partie vous balader, ce sera pour demain matin ». Là, je n’aurais pas été reliée à la bouteille, je lui sautais dessus pour le mordre et l’achevait avec le tuyau à oxygène ! Quoi ? des heures que je suis là, je l’ai signalé par deux fois à ses collègues, et il est en plus passé plusieurs fois à côté de moi dans l’am…. Pour m’entendre dire ça !

Là est apparue ma mauvaise humeur du soir.
Je vois mal depuis ce matin, je commence à stresser car me demande ce qu’il se passe, si c’est un autre problème qui apparait ou les effets des corticoïdes, ou autre, et là pas de souci, on attend demain parce qu’un glandu n’a pas cherché l’info !!!!

Ce soir, aidée par la fatigue et le stress, je vois encore moins bien. Ce qui alimente le cercle vicieux.
Ma coloc’ se repose alors je sors dans le couloir où ça grouille de partout.
Je passe un peu de temps au téléphone avec une amie qui a bien senti mon stress et plaisante ce qui fait retomber un peu la pression. Mais je tourne en rond comme un lion en cage. Je suis inquiète et angoissée, et monte toute seule dans les tours.

Demain je sors et tant mieux !!!
J’ai pu parler à mon breton de fils. Et mon grand est venu me voir, au top, il gère tout. En plus, il m’avait préparé une excellente Pana Cotta.
Mes amis me connaissent bien car ils ne m’ont apporté que de la bouffe : gâteau, chocolats, macarons, bonbons… La grosse bouffe du coin ! Ceci dit, ça améliore nettement la gastronomie du CHU !

D’ailleurs ce soir, encore du poisson. Ca pue la marée basse dans le service. Le poisson se délite sous les yeux tant il a cuit et recuit. Et l’AS qui vient récupérer mon plateau à peine entamé « c’était pas bon ? ». Comme si c’était elle qui l’avait préparé personnellement. Mais tu sors d’où toi ? ça fait combien d’années que tu bosses ici ? tu n’as jamais testé un de ces fameux plateaux ? tu ne comprends pas rien qu’à l’odeur ?!
Alors ne voulant pas la vexer, je réponds « si mais vous savez je n’ai pas très faim, je n’ai pas grande activité alors.. »… à la De Funès. C’est pas bon, et j’en ai marre d’être ici, voilà pourquoi je mange pâ !

Dans la soirée, je discute avec la mamie coloc’, très gentille.
Mais reste pressée de me tirer d’ici et inquiète par ce problème de vue. De la même manière que vendredi je tapotais sur tout ce qui se trouvait à porter de mon doigt pour vérifier si j’entendais ou pas, là je ferme sans arrêt un œil d’un coté puis de l’autre pour vérifier si je vois mieux ou pas de l’œil touché. Et je ne vois pas. Et merde !!!

MARDI
Le jour de liberté est arrivé. Mais pas sans mal.
Ma voisine de chambre n’a pas ronflé, n’a pas appelé les ide… La nuit a été paisible et fraiche. Et j’ai pu un peu dormir quelques heures d’affilée.

D’emblée, l’ambiance dans le service transpire de partout : c’est le bordel ! Ca grouille, sonne et court tous azimuts.

Le petit déj’ arrive avant tout et l’agent de service me dit « vous sortez ce matin ».
Moi « l’ide hier m’a dit entre 12 et 14h ».
Elle « non je vous confirme, c’est prévu dans la matinée »
Moi « mais je ne sais pas car j’ai une consult ophtalmo de prévue ce matin et je n’ai pas l’heure ». On verra bien.

Pendant que je suis entrain de beurrer une biscotte, le thermomètre arrive. Le tartinage devient tout de suite plus périlleux (euh je précise, sous le bras le thermomètre !). Puis en essayant de manger, le tensiomètre. Comme le tiercé, dans le désordre ce matin !
Puis un interne, pas encore vu celui-là le p’tit Benoit… De loin, le plus beau de tous. Grand, brun avec des yeux de touareg… Je me demande si je ne vais pas demander du rabe finalement…
Il m’explique une toute nouvelle version. De plus en plus, l’hypothèse privilégiée dans les surdités brusques est d’origine vasculaire, et moins virale. Et comme j’ai des troubles visuels aussi, ça pourrait être ça, des micro-embolies dans les systèmes auditifs et visuels. Donc je vais avoir la consult ophtalmo, et un ECG car les corticoïdes peuvent provoquer une arythmie cardiaque. Ben voilà une nouvelle version qui me tranquillise. Je deviens (encore plus) folle d’un coup car nouveau gros coup de flip ! Beau mais angoissant le garçon (peut p’tet me consoler dans ses bras ?!). Bref, on fait les examens et on se revoit après.

J’ai donc droit à un nouvel électrocardiogramme. Dès le début, l’infirmière tique. Et en refait un. En fait, elle avait démarré trop tôt et ça avait tracé pork nawak. Ouf.
Dans la matinée, elle m’amène mon dossier et me dit « j’ai appelé le brancardier, il va arriver d’ici 10mn pour vous accompagner en ophtalmo ».

Pendant cette attente, dans ma chambre, seule, un beau brun ténébreux, vrai médecin débarque, me serre la pince et dit d’un ton rassurant « bon, c’est pour cet am ».
Moi, sans doute avec des yeux de merlan frit « ????? euh, mais je ne suis pas là cet am »
Lui « ??? », regarde l’autre lit à côté, vide, « ah je pense que c’est la dame d’à côté qu’on attend. Vous vous ressemblez, alors j’ai confondu… J’ai failli vous opérer du cou ! ». Ah bien probable que je ne me serais pas laisser faire !!!

45 mn plus tard, une autre ide rentre « ah c’est bien vous êtes remontée d’ophtalmo ».
Ah non, je n’y suis pas encore descendue. Oh oh. La voilà qui repart et revient avec presque le brancardier sous le bras. Ca doit chauffer en coulisses !

Direction le service ophtalmologie. Une usine à gaz dans une usine à gaz.
Attente dans le couloir où défile du personnel plus froids les uns que les autres, qui ne disent pas bonjour et vous toisent même. Charmant. Et 1er examen avec une ide mécanique et peu aimable, dans ce même couloir. Très intimiste. Bien le respect de la confidentialité.

Puis une interne me reçoit. Toujours pas de vrai doc à un moment ou un autre dans cette boite ?!
Bref, elle me demande de m’expliquer. A la fin de mon laïus, elle me dit « merci de m’avoir expliqué car je ne sais absolument pas pourquoi vous descendez. Je n’ai aucune info. Vous au moins vous me dire mais ce n’est pas toujours le cas ». La confiance continue de s’installer.

Elle me fait les tests mais à gauche, je rame sur les petites lettres, mais nickel avec les carreaux.
Et l’interne conclue « tout va bien. Aucune baisse. Vous avez 10/10 »
Moi « ????? mais je ne vois pas vos petites lettres »
Elle « non mais il n’y a pas de baisse. Avec la correction vous avez 10/10 »
Moi « oui mais normalement je vois très bien sans correction ! Donc il y a bien un souci ! Désolée mais les panneaux du chu de 1m sur 2 avec « ascenseur et sortie », je les connais par cœur sauf que là, je ne les vois plus depuis hier. Alors avec correction oui je vois mais sans non. Et c’est le principe d’une correction ».
Là, j’ai cru être dans la 4ème dimension !! Pour le coup, peut-on parler d’un dialogue de sourd ?!
Elle « vous aviez surement un début de myopie et vous ne vous en êtes pas rendu compte jusque-là ». Oh putain elle me prend pour une conne en plus. Je vais l’étouffer avec tous ses binocles correcteurs elle aussi.

Elle me fait un fond d’œil, ce qui me vaut de ressortir avec des yeux de panda, mais jaunes !
Puis mesure la tension de l’œil. En conclusion, pas de souci d’ordre vasculaire avec des micro-emboles. Pas d’herpès non plus. C’est déjà très rassurant.

Je lui précise ce qu’on m’avait demandé de lui préciser là haut « il y a l’ECG dedans qui vous est adressé ».
Elle « ah oui, ils veulent me faire faire leur boulot encore ! Je vais le regarder ». Ce qu’elle fait « tout est normal, c’est bon ! ». Les amours ophtalmos et orl se portent bien apparemment !!!

Son hypothèse est que ceci est probablement dû aux bolus de Solumédrol, ça arrive (dixit elle). Il me faut attendre 1 à 2 mois pour voir si c’est réversible ou pas ! Pas de consultation de prévu. Je verrais bien (ou pas pour le coup !). Pas de correction, ce serait pire. Pas la peine en effet ! Mais voilà une consultation comme on rêve plus souvent !
Plus la matinée passe et plus c’est délirant. Il y a une caméra cachée ?

Je remonte, après une bonne attente. De toute façon, je n’ai rien de prévu alors…
Au retour, une ide me demande « alors, qu’est ce qu’ils vous ont dit en bas ? Parce que nous n’avons pas de compte-rendu ».
Moi « ça tombe bien, ils ne savaient pas pourquoi je descendais !!! ». Non mais oh, ça commence à bien faire.

Dans la chambre, une nouvelle pensionnaire. C’est elle la p’tite dame à qui je ressemble ???? Va ptet falloir qu’il aille consulter rapido un zieutiste le beau brun !!! S’il opère comme il est physionomiste, et bien je n’aimerai pas être mon « sosie » ! Ca doit être son chien qui opère. D’ailleurs, j’ai un doute, il m’avait l’air bien poilu le chir quand il est passé… La dame aura la surprise au retour du bloc.
J’avoue quand même avoir été vexée car je ne suis pas Miss Monde mais tout de même, je t’en collerai de la ressemblance. Je ne sais pas lequel des deux a le plus de soucis visuels !

L’ide revient avec mon dossier de sortie et les papiers qui vont avec :
- L’arrêt maladie. Sachant que j’avais posé des rtt pendant mon hospi, il faut juste marquer 2j demain et jeudi. Donc la doc s’est plantée. Il a fallu corriger.
- Le rv ORL dans 1 mois. Ne voyant pas l’audiogramme, je tente un timide « il n’y a pas de rv d’audiogramme de prévu ? car les 2 docs hier et ce we m’ont dit qu’il fallait en prévoir un en même temps que la consult… ».
Elle « on n’est pas au courant. S’ils ne nous le disent pas… ». Elle repart donc.
Et revient en essayant effacé la date de rv. Oh oh, on regresse. « Vous descendrez en orl tout à l’heure, et vous prendrez rv directement avec eux. Ils sont au courant ». Dans ce cas, pourquoi ils ne le font pas ?!!!

Elle me dit donc « la sortie se fera plutôt vers 14h. Vous faites comment pour la sortie ? »
Moi « je vais prévenir une copine » et dans un excès de zèle, j’ose un « et l’interne, je le revois quand ? »… Ce que je n’avais pas dit là…
Elle « ??? ». C’est vrai quelle demande à la con, voire un toubib pour avoir les résultats d’examen… Elle ajoute « mais le CR et l’ECG ont été regardés ».
Moi « oui peut-être, mais vous comprendrez bien que j’ai envie de rencontrer un médecin pour faire la conclusion et avoir quelques infos supplémentaires avant la sortie. J’ai quelques questions à lui poser pour la suite aussi ».
Je crois qu’elle a failli défaillir. Elle est repartie une nouvelle fois (elle peut remercier la chieuse que je suis car elle aura fait son activité physique pour la journée – la pauvre).
A son retour « bon, ils sont prévenus en bas et l’interne que vous avez vu ce matin vous recevra à 14h quand vous descendrez pour vos rv ».
Merci madame. Mais comment font les gens qui ne peuvent ou n’osent dire les choses ? Je travaille ici, je suis régulièrement patiente aussi ici mais je suis toujours étonnée, tristement étonnée.

Pendant que je cherche mon chauffeur qui viendra me libérer de ce cauchemar, mine de rien, c’est l’heure des repas. L’agent qui les sert me regarde surprise « vous n’êtes pas sortie ? » (si mais c’est mon sosie ! Ah ah !). « je ne vous avais pas prévu de plateau. Je vais aller en chercher un ». Pas de refus. J’ai pas faim mais ça va m’occuper.
25mn plus tard, le plateau arrive. De bonnes boulettes à la sauce tomate (qui va finir de me percer l’œsophage) et de la semoule. Je commence par m’excuser auprès de ma dernière coloc’ arrivée qui est à jeun depuis hier soir et qui crève surement la dalle.
Puis je fais mon aérosol. Le dernier. Et là « veuillez m’excuser, après les odeurs, le bruit. Mais promis, après je m’en vais ! ».

Deux de mes collègues viennent me faire un petit coucou avant mon départ.
Je finis par plier bagage, dit au revoir à mes 2 voisines et direction l’ORL.
Bye bye le personnel, qui malgré le foutoir ambiant, a été vraiment sympa. Tous. Ce qui est loin d’être le cas partout.

RV est pris pour audiogramme et consult. Ca c’est fait.
Puis rv avec le beau gosse. Au final, on ne sait pas ce que j’ai fait.
Pas de preuve que ce soit viral même si c’est une hypothèse. Mais les sérologies qu’ils m’ont faites, même négatives, ne servent à rien et ne confirment rien. Intéressant.
Pas de preuve par ECG et ophtalmo que ça soit vasculaire mais ça ne veut pas dire que ça ne l’est pas non plus…. De plus en plus intéressant.
Il ne sait pas non plus si ça peut revenir ou pas « peut-être dans 2 ans, peut-être jamais de votre vie ». On progresse, on progresse.
Pas de précaution particulière autre que celles habituellement indiquées pour protéger son audition. Comme de toute façon, on ne sait pas ce que j’ai fait…
Et il précise qu’il n’y a pas besoin de prévoir d’audiogramme pour le prochain rv. Si le doc le juge on en fera sur place. Ah non là ça suffit. Je l’ai ce rv, je le garde !
Ce qui est délirant c’est que je n’ai pas vu un seul « vrai » médecin mais 3 internes avec 3 versions différentes. Assistent-ils aux mêmes cours ? les ont-ils séchés alors ? certains sont-ils plus sérieux que d’autres ? oui mais lesquels ? C’est très flippant.

Si je résume : on ne sait pas ce que j’ai eu, viral avec récidive ? Vasculaire ? Donc on traite de façon empirique. On ne sait pas si ça reviendra ou pas. Ce qu’on sait, c’est qu’on ne sait pas !
Et le meilleur, c’est que je suis rentrée à l’hosto en entendant mal mais en voyant. Et là j’en ressors en entendant à nouveau mais en voyant moins bien. Cherchez l’erreur !!!

Ma copine me ramène chez moi et j’en suis ravie. Mais un peu paumée je reconnais, je rentre dans ma maison comme une fleur. Et surtout en ayant perdu certains reflexes, entre autres, celui de débrancher l’alarme. Et pan 110 décibels dans les tympans. Pas de stress auditif qui m’disaient…. Ca commence mal.

Qu’on est bien chez soi quand même. Mais pendant 2j, j’ai été totalement déphasée. Phénomène bien connu chez la personne âgée !
Décidément, je croyais avoir le package complet de la vieille, mais non. Et là il me manque l’appareil auditif. Pour Noël, je dépose ma liste à l’Orthopédie Moderne !

Je viens de vous résumer 5 journées d’imprévu et d’anecdotes. Mais le problème reste qu’avec ces sites de voyage style « lastminute.com », on ne sait jamais où on va atterrir. J’avais demandé les Maldives, j’ai fini sur mon lieu de travail ! Faites attention surtout… conseil qui ne doit pas rester dans l’oreille d’un sourd !

Published in:Uncategorized |on juillet 16th, 2017 |

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