Chat’suffit !

L’été, lorsqu’on part en vacances, il est fréquent de confier les clés de sa maison à un voisin pour s’assurer une certaine tranquillité, en cas d’orage afin de ne pas retrouver un congélo en champignonnière hallucinogène, de relever le courrier, d’arroser nos petites plantes chéries, et/ou de s’occuper d’éventuels petits animaux de compagnie qui n’ont pu partir en vacances.
Pour ma part, mes animaux de compagnie s’assimilant au néant, le souci est réglé. Enfin pas tout à fait car c’était sans compter sur ceux des voisins justement. Nos chers voisins qui, connaissant mon amour pour les bébêtes ont hésité à me demander de s’occuper de leurs 2 chats mais qui après mûre réflexion l’ont fait, tout en me précisant que si je ne me sentais pas capable, il n’y avait aucun souci, ils comprenaient bien et demanderaient à la grand-mère de venir le faire.

Sachant :
1 - (enfin croyant plutôt) qu’il n’y avait qu’à mettre 1 cuillère à soupe de pâtée en conserve dans leur gamelle et remplir le ramequin d’eau. Et éventuellement remettre des croquettes dans leur distributeur
2 – que si je ne peux rendre ce service-là, c’est la grand-mère de 85 ans qui devra faire quelques kilomètres en voiture (et c’est pas une mince affaire !). Je ne veux pas la faire déplacer pour cela. Et puis quand je vois qu’elle n’arrive pas à faire demi-tour dans l’allée qui desserre nos maisons et qui fait près de 8m de large plus un espace pour se garer, j’ai trop peur qu’elle flingue mon portail pour deux chats. Autant flinguer les chats tout de suite… Oups, je plaisantais.
3 – que si je n’aide pas mon prochain, je risque les flammes de l’enfer et que je n’aime pas la chaleur
Bref, après une brève concertation avec moi-même (mais le côté idiot, l’autre côté parfois moins stupide et déjà peu présent était lui aussi parti en vacances), dans un élan de générosité (et de connerie), j’ai dit « oui bien sûr, pas de problème ». Conne un jour, conne toujours !

Mes voisins sont partis le samedi matin et donc ma 1ère visite eut lieu le dimanche soir.
A peine étais-je rentrée, que déjà j’ai failli ressortir. Déjà l’entrée… pas rien car les p’tites bêtes voulaient se faire la malle, ce qui n’était pas prévu au programme.
Bref, bien que les fenêtres soient restées ouvertes avec des stores entrouverts, un délicat petit fumet est venu chatouiller mes narines. En rejoignant la cuisine, j’ai vite pigé pourquoi : litière renversée, puis ont déposé un joli caca sous la table et un petit vomito dessus. Le pompon est une jolie flaque de pipi devant le frigo (rappelons que leur pâtée est dedans). Bon appétit !
Si ces bestioles au QI d’huitre encéphalopathe ont voulu m’empêcher d’attraper leur bouffe, elles ne pouvaient pas mieux faire.
Oh punaise, la semaine va être longue !
Nettoyage rapide. Et c’est parti pour la distribution de bouffe que j’ai eue du mal à assurer vu que les deux fauves tournaient chacune autour de leur gamelle que je n’arrivais pas à atteindre. Faut dire que comme j’ai peur du contact avec les animaux, ça n’a pas facilité l’approche. J’ai fini par hausser le ton ! Non mais !
M’en aller fût ce qu’il y avait de plus motivant, mais pas de plus facile car ils voulaient partir avec moi, enfin en même temps que moi. Oust !

Dès ce 1er soir, petit sms aux propriétaires de ces adorables bestioles au transit parfait.
Court extrait : « j’adore les chats mais…empaillés (…). Ils étaient prêts à me sauter à la gorge (si si !) pour bouffer leur truc qui pue (…). Avez-vous pensez à faire du pâté (de chat) pour les fêtes de fin d’année ???!!! (…). Auriez-vous du sopalin, une balayette, une pelle et un masque à gaz pour un brin de nettoyage ? Sinon je viens avec un bulldozer ! (…) ».
A relire ce bout de message, je pense que ça n’a pas du les détendre beaucoup ce soir-là. Mais j’étais déjà un peu sur les nerfs. Et c’est pas fini !

Le second jour, je suis venue avec du renfort, mon fiston.
Après avoir pu rentrer plus aisément (à 2 on peut les tromper, ce ne sont que des bêtes !), le 1er constat fût que l’odeur avait pris un peu en puissance. Le second constat en fût l’explication : nouveau caca devant le placard de bouffe. Ils se croient intelligents en déféquant devant des endroits si stratégiques ???!!! Crétins oui ! Un coup à ce que je ne leur donne rien surtout.
Avec de la difficulté, j’ai rempli les gamelles car je trouve qu’ils ressemblent de plus en plus à de vrais fauves… Bbbbbrrrrrr….
On ne s’est pas attardés.

Le 3ème jour, mardi. Consciencieusement le binôme de chatsitters que nous formons va s’occuper de ses chairs à saucisse potentiels. Autant dire que le délicat fumet de départ a méchamment évolué vers une odeur pestilentielle qui chatouille plus notre estomac que nos narines ! C’est dégueu.
La litière se remplit et se vide à côté surtout. Les boules de poil deviennent de plus en plus nerveuses, et sont beaucoup trop près de moi pour la nourriture. Ils doivent s’emmerder sec alors ont vidé leur distributeur de croquettes, et ont continué à joncher le sol de leur production marronnasse qui pue.
J’ai de plus en plus de mal à remplir gamelles et distributeurs mais encore une fois, être deux a considérablement facilité la tâche.
On se barre de plus en plus vite de la cage aux fauves.

Le 4ème jour, je suis à deux doigts d’enfiler mon habit de lumière rouge et doré, de m’armer d’un fouet et d’un bâton pour rentrer car plus la semaine s’étire, plus le stress monte de part et d’autre.
Notre 1ère mission de veiller à ce qu’ils ne prennent pas la poudre d’escampette est réussie. La seconde, de les nourrir et veiller à leur bien-être (bon tout est relatif, je ne vais pas les bercer en leur racontant une petite histoire, faut pas déconner non plus) se complique grandement.
Ils ont continué de chier, et vomir sur la table et du haut de la table. Une cascade a toujours présenté un petit coté bucolique. Là non ! Comme ils s’ennuient, ils ne font que bouffer. Et donc ce qui rentre, doit ressortir d’une façon ou d’une autre (Remarquez, moi aussi quand je m’emmerde, je mange. Mais après, je sais me tenir quand même !).
A cet instant, j’aurais le Bon Dieu sous la main, je lui ferais avaler les fruits de sa Création et tout ce qui s’y rapporte. On verrait s’il garderait ses grands discours ! Ah ah !

Il a fallu user de stratagèmes et de ruses pour sortir non sans mal le paquet de croquettes du placard (ils ne sont pas futés mais la faim les fait avoir un comportement plus prédateur). Mais après impossible d’approcher leur distributeur à moins d’un mètre 50. Pareil pour la pâtée. Avec un peu d’élan et quelques années de tennis, j’ai réussi à viser une gamelle et y déposer la dose de pâtée qui pue.
Mais ils sont là à me fixer de leurs 2, donc 4, petits yeux cruels, griffes dehors en poussant des cris gutturaux, en déambulant à toute bringue sur le plan de travail… un vrai film d’horreur. Si, je vous assure. En tous cas pour moi, c’était à la limite du cauchemar.
La gamelle d’eau remplie, la pâtée infâme atterrie tant bien que mal dans le joli petit bol en plastique rose (aucun goût ces chats !), on a littéralement et lâchement jeté des croquettes sur la table du salon (pendant qu’ils étaient occupés avec leur festin) avant de s’enfuir.
HELP !!!! Je suis au bord de la crise de nerfs en sortant. Surtout que je n’oublierais jamais ce livre de Stephen King « Cimetierre »… Lisez et on en reparlera !

J’envoie donc ce soir là un gentil sms à mes voisins pour les rassurer (ou pas) de la situation et surtout leur demander l’autorisation de lâcher les fauves demain matin, et les renfermer (si on peut !) demain soir. C’est ok. Pauvres voisins qui sont désolés que leurs chats soient aussi cons et qui ne pensaient pas que ce chatsitting partirait ainsi en sucette.

Jeudi matin, c’est mon 1er jour de vacances, il fait beau, je suis de bonne humeur et c’est le cœur léger que je vais m’occuper de libérer ces pauvres bêtes.
J’ouvre donc la porte avec précaution car ils sont toujours prêts à me sauter dessus pour fuguer. Là rien. J’ouvre la porte d’entre en grand, toujours rien. Merde, j’espère qu’ils n’ont pas claqué dans la nuit… J’appelle avec le ton le plus niais et le plus mielleux que je puisse avoir « Minou minou … (bruit de bisous bien nuls) … les chatounets, allez (re-bruit de bisous pourris)… ». Ah, un des chats sort. Il n’y aurait que 50% de perte au cas où un drame se serait produit…
Je rentre espérant quand même ne pas me trouver face à un cadavre de chat (en plus on ne peut même pas en faire une descente de lit ou une écharpe, beaucoup trop petit… Ca ne sert décidément à rien cette bête !).
Pensez-vous, je trouve le chat en haut des escaliers. Assis comme une potiche. Je l’appelle doucement et là, croyez-le ou pas, ce couillon tourne la tête vers le haut et me snobe ! Sans rire, en plus il se fout de ma tronche ! Je sens que j’ai déjà le repas de Noël !

Tant pis pour lui.
Je m’occupe de la maison et surtout de la ventilation car le parfum qui règne ici est tout simplement insoutenable. Il y a quelques semaines, j’ai fait la formation d’urgence face aux risques NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique). Je suis à deux doigts d’aller chercher une tenue de protection, masque inclus car ces particules malodorantes (c’est rien de le dire, il faut le vivre) regroupent à elles seules au moins 3 des risques en question ! Je laisse ouvert toute la journée.
Le soir, toujours avec mon binôme, nous allons nettoyer, donner à manger et renfermer les cannibales. Enfin ça c’était sur le papier car pour de vrai, il en manque un à l’appel. Le même félin hautain qui m’a snobé ce matin. A 2 reprises, nous avons essayé de le récupérer (avec l’innommable pâtée) mais en vain. Tant pis pour lui, il mangera mieux demain et ça lui apprendra à vouloir faire le malin. Perso ça ne m’empêchera pas de dormir. Et de fait, ça ne m’a pas empêché de dormir !

Le vendredi, le matin, le négro (surnom de ce charmant petit chat inutile) rampait devant la porte, l’estomac à sec je pense. Comme il a tout compris, au lieu de sortir lorsqu’on ouvre la porte, lui il rentre donc ! Alors, on fait moins le fier neuneu de chat ?! La prochaine fois, tu colleras ta fierté et ton orgueil d’animal dans… dans quoi d’ailleurs, il n’a pas de poche ! Dans ce qu’il veut, ça évitera peut-être certains désagréments !!!

Ce soir, grand nettoyage à fond de la maison car demain, alléluia, j’en ai les larmes aux yeux de bonheur, nos chers voisins rentrent. Et déjà que malgré l’aération, un certain arôme persiste, alors on va leur éviter l’attaque d’emblée. Tout est bien propre (merci fiston d’avoir tout nettoyé à fond car perso rien qu’en y repensant, mon estomac a tendance a vouloir faire demi-tour), litière comprise, les gamelles bien remplies, etc… La perfection. Et en bonus : ils sont toujours vivants !
Au revoir (horribles) créatures félines à son Bon Dieu chéri… papa et maman rentrent demain et mes vacances à moi vont pouvoir commencer.

Vous savez quoi ? Plus jamais de petit boulot de chatsitting pour les vacances. Plutôt foutre en l’air mon portail et passer pour une gougeâte trouillarde incompétente égoïste, m’en tamponne le coquillard ! Mais plus jamais ça, chat’suffit !




Published in:Uncategorized |on septembre 3rd, 2016 |

You can leave a response, or trackback from your own site.



Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 91 articles | blog Gratuit | Abus?