Le Bon Coin… au bled ?

L’idée de revendre des objets ou toutes sortes de choses afin qu’ils aient une seconde vie plutôt que de les jeter m’est séduisante. Accessoirement de se faire un peu de tunes aussi !

En cela, le site “Le Bon Coin” est un outil intéressant et pratique.
Ma “boutique” est relativement bien fournie en trucs divers et variés. Les ventes sont régulières. Les casse-bonbons aussi du reste. Message au passage : à tous les emmerdeurs de France et de Navarre qui en guise de mail me laissez un simple numéro de portable un peu comme on lance un os à un chien, et/ou qui ne connaissez pas le bonjour ou autre petit mot de la politesse de base, qui “négociez” le prix d’un achat vendu 4 euros à la base, qui me pourrissez mon emploi du temps pour trouver très rapidement un rendez-vous afin de récupérer l’objet de leur désir (c’est vrai que récupérer une paire de palmes ou un pichet relève de l’urgence absolue !), et qui parfois ne venez même pas,  et ne prévenez pas évidement, et bien restez chez vous et foutez-moi la paix ! Oui je sais, j’ai un sens inné du commerce…

Parmi les derniers trésors que je propose à la vente, un pot de bébé lapin (avec une adorable petite tête de lapin et deux oreilles en guise de poignées) et un rehausseur de toilettes. J’avoue avoir dû faire un sacré deuil à l’idée de ne plus voir les fesses de mes deux bébés posées délicatement dessus pendant des heures. Bon d’accord, ils ont 17 et 14 ans… Oui et ben, ça m’a pris du temps de passer le cap ! Un problème ?!

Bref, après une chieuse qui ne voulait que le pot, faisait son prix (tout juste s’il ne fallait pas que je lui file des rouleaux de PQ avec !), un vrai acheteur intéressé.
Je reçois donc un mail d’une personne me demandant poliment si le lot de rêve était encore dispo. Après confirmation de ma part, elle me demande gentiment un numéro de téléphone afin de convenir d’un rv.
Et je reçois effectivement un message vocal. Une dame, avec un fort accent du Nord, enfin du Nord de l’Afrique. Mais très correct. Elle m’explique qu’elle n’habite pas près d’ici. Mais qu’un ami viendra à sa place car lui habite dans le coin ; “il va vous contacter, euh, te contacter pardon”… Pas de souci, on ne se connait pas, mais on peut peut-être devenir cops si vous voulez, enfin, si tu veux…

Et comme ma nouvelle cops me l’avait indiqué, 1h plus tard, la musique celte me servant de sonnerie se met en route. Je décroche et un homme, avec le même accent du grand Sud du Sud, commence par me demander si je suis bien Fatima (ce n’est pas mon vrai prénom, mais c’est un prénom qui sonne aussi bien anglais que le mien!). Je confirme et lui demande s’il téléphone pour l’annonce du Bon Coin.
Là s’engage une conversation que je tiens à vous retranscrire ici car j’en ris encore.
Lui “Fatima ? vous êtes arabe ?”
Moi - 2 secondes de silence- “euh non, pas du tout, je suis bretonne”
Lui, dans un grand éclat de rire : “ah. Mais comment ça se fait que vous vous appelez Fatima alors ?”.
Moi -re 2 secondes de silence, mi-interloquée, mi-amusée - “mais figurez vous cher monsieur que si j’avais eu le choix, je ne me serai pas appelée comme ça!”.
Lui, toujours en se marrant “Quand j’ai vu le mail, et que j’ai vu “Fatima”, je m’suis dit tiens, c’est marrant une rebeu”…
Alors là non, c’est pas marrant du tout. Ou alors on n’a pas le même humour. Y’a une grosse erreur. J’ai toujours dit à mon père qui a choisi ce prénom, pourtant d’origine russe mais porté très, trop, majoritairement, par des maroco-algério-tunésio-arabo-ectero, me déplaisait et sonnait plus du paradis de Bouteflika que de l’Eden de Poutine. CQFD ! Par les temps qui courent, ce n’est pas facile tous les jours.

L’échange se poursuit, toujours dans la joie et la bonne humeur.
Lui “est ce que je peux passer demain dans la journée récupérer les affaires ?”
Moi “non désolée, je travaille” (oui, je fais le ménage à la mosquée du coin!). Et ce we je suis absente. Est ce que lundi ou mardi ça irait ? Je vous recontacte lundi pour fixer un lieu et une heure de rv”.
Lui, avec un enthousiasme sans borne “oui bien sûr, c’est pas urgent. Pas de problème. Je vous laisse mon numéro de téléphone et vous m’apellez lundi dans la journée”
Il me donne les 10 chiffres magiques. Et pour savoir à qui je m’adressais : “vous êtes monsieur …?”
Lui “Momo”.
Moi “????” et avec un sens de l’à propos aussi developpé que celui du commerce, et connaissant mon oreille de plus en plus défaillante avec l’âge avançant, je n’ai pas trouvé autre chose à répondre que “… vous pouvez m’epeller svp ?”
Lui, “M O M O” avec un ton d’évidence que je ne peux malheureusement pas vous retranscrire ici mais qui me fait encore hurler de rire quelques semaines plus tard.
Bon faut dire que ma question était concon.
Fallait bien conclure donc je récapitule à Momo, ou Mr Momo car je ne sais toujours pas si c’est son prénom, son nom, un surnom, un diminutif….
Lui “d’accord, bon ben, bon taf pour demain, bon week-end et à lundi”. Et bien ça marche Momo, on fait comme ça !

Le mardi suivant, rv est pris sur un parking de supermarché. Arrive, à l’heure dite, une BMW rutilante de laquelle sort mon pote Momo, me dit bonjour comme si on se connaissait depuis des lustres, toujours le soleil et la bonne humeur dans la voix.
Il récupère les pot et rehausseur qu’il pose délicatement dans le coffre nickel de son carrosse , me donne l’argent en échange sans discuter un centime. Bien loin est l’image du méditerranéen nonchalant et marchand de tapis. Nous échangeons quelques mots sur la belle météo du jour et basta. Adieu rehausseur, pot et Momo.

Voilà une vente fort sympathique (comme il en existe majoritairement) et drôle, même si ça m’a rappelé à quel point je n’aimais pas mon prénom.
Une vente de matériel d’acquisition de la propreté qui restera dans les annales en tous cas !!!!!




Published in:Uncategorized |on mai 5th, 2016 |

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